L’eau, ça sort du robinet, non ?

Si vous avez lu le début de mon blog, vous savez que l’envie profonde qui se cache derrière ce voyage, c’est celle de rendre une véritable visite à la Bolivie. En tant que pays, mais en tant que nation (ou plutôt multi-nation). L’envie de rencontrer les populations locales, d’échanger autant que faire se peut avec elles, de leur donner autant que de leur emprunter une petite tranche de monde. Sachant aussi les conditions de pauvreté dans lesquelles se trouve une partie de la population bolivienne, je souhaitais aussi approcher le travail d’organisations qui travaillent à l’amélioration de ces conditions de vie. Aujourd´hui, une porte s’est ouverte toute grande sur la réalisation de ce projet. Parce que c’est pas tout de se dire « je vais aller voir les locaux ». Encore faut-il pouvoir entrer en contact avec eux d’une manière naturelle et appropriée.

Comme annoncé dans les notes précédentes, je me suis donc rendu au siège de la fondation Sodis. Cette fondation a un but très simple en théorie, mais assez compliqué à mettre en pratique : faire en sorte que tous les boliviens puissent accéder à une eau propre. Par chez nous, il suffit d’ouvrir un robinet et de mettre sa tête en dessous pour avoir à boire. Si bien qu’on est même tout surpris quand une fontaine a le toupet d’indiquer « eau non potable ». C’en est tellement facile qu’on (enfin, moi en tous cas) ne se rend pas du tout compte de ce que cela signifie de ne pas avoir accès à cette ressources. Il n’y a bel et bien que dans nos contrées que, partout, l’eau sort du robinet potable, comme par magie. Il s’en trouve encore pour ne boire que de l’eau en bouteille… mais ça, c’est un autre débat.

cochabamba,sodis,bolivia

La cuisine d’expérimentation des filtres…

Le slogan de Sodis, que j’adore, est le suivant : « Soluciones simples que salvan vidas ». C’est ce qui m’a directement séduit dans leur approche. On ne parle pas d’importer des stations d’épuration high-tech ou de mettre en place d’énormes réseaux de distribution à même d’atteindre les populations les plus reculées de bolivie (et on ne parle pas d’amener de l’eau à Arville ou à Vlessart…). Non. Lídée est de tester, de développer et de promouvoir auprès des populations locales une série de techniques simples pour filtrer et assainir l’eau. On parle ici de filtres (céramiques, textiles, de sable,…), de production de chlore à la maison ou même de chauffage solaire de l’eau pendant des période suffisantes. Avant tout, toutes ces techniques et leur intérêt doivent être expliqués et démontrés pour avoir une chance d’être adoptés par les gens. Et c’est bien pour ça que Sodis ne se contente pas de distribuer des filtres à qui veut, sans se soucier de ce que les gens en feront. Si j’avais encore des doutes quant à l’impérative nécéssité de ce projet, ils ont été complètement dissipé par cette image furtive captée durant le trajet en bus vers Cochabamba : Un type était agenouillé au bord de la route, une bouteille en plastique à la main et était en train de récupérer de l’eau dans un petit pipi de flotte entouré de déchets. Là, on se dit que non, l’eau, ça ne sort pas du robinet.

cochabamba,sodis,bolivia

Le prototype de dispositif de purification par chauffage solaire

Demain donc, j’irai à Quillacollo (à une quinzaine de kilomètres à peine de Cochabamba) sur le terrain avec Remi, qui, comme son nom ne l’indique pas, est un bolivien pure souche… Nous irons voir les personnes qui ont bénéficié de l’aide de Sodis dans le but d’évaluer le projet, et de voir si leurs besoins ont été rencontrés.

Jeudi, j’ai rendez-vous avec Wilson Claros à 8h30 du matin à Sacabamba (à 2h de trufi de Cochabamba… va falloir se lever tôt !) ou se développe un projet qui s’inscrit dans une plus grande durée. Le projet de Quillacollo, lui, relevait d’une situation d’urgence.

Vendredi, je serai fixé sur les possibilités d’aller voir un autre projet d’urgence mené par la fondation dans la partie tropicale du département de Cochabamba, à plus ou moins 200km de la ville, vers Santa Cruz de la Sierra. J’espère vraiment que ce sera possible !

Publicités