Huka falls & Rotorua…

The plan is… no plan. Telle est notre devise, et jusque-là, nous nous y étions conformés avec une belle assiduité. Non que nous ne prévoyions rien de ce que nous allons faire, mais que nous nous autorisons à tout moment un changement de cap impromptu.

Au sortir de notre merveilleuse journée à la rencontre des dauphins dans Bay of Islands, nous nous sommes offert un petit passage par les sources chaudes de Ngawha, pensant pouvoir en profiter pour prendre une bonne douche et en sortir régénérés. Pensez-vous !

Les sources étaient bien chaudes et les bains fort relaxants, mais en sortant de là, nous sentions le souffre pire que bonne de curé. Raoul empestait l’œuf pourri, et ça a quelque peu modéré nos ardeurs en matière de découvertes géothermiques. La prochaine étape devait être Rotorua, « geothermal wonderland », et sur un coup de tête, nous avons décidé que nous étions assez puants comme ça, et qu’il valait vraiment mieux aller directement au lac Taupo se relaxer un peu.

Au programme du lendemain, une belle balade le long de la rivière jusqu’aux Huka falls, vibrant ôde à Bernouilli ou à Venturi (je les confonds toujours un peu ces deux-là). Coincée dans un étroit passage de roches volcaniques dures, la rivière n’a d’autre choix que de se concentrer en un tumultueux courant débouchant sur une petite chute abordée plein tube. Le tout concernant une eau d’une clarté cristalline, ça donne un résultat très bleu et très beau.

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Le soir venu, alors que nous savourions un petit vin blanc (après une bonne douche) dans la douceur du soleil du soir, nous n’avons évidemment pas pu nous empêcher de fourrer notre nez une énième fois dans le lonely planet, pour en conclure que passer à 50km de Rotorua sans aller y jeter un coup d’œil, c’était pas « no plan », c’était « no brain ». Le lendemain, nous nous réveillons sous la pluie et partons à l’assaut de Rotorua la puante !

En réalité, ce n’est pas à Rotorua que nous allons, mais à Wai-O-Tapu. Quand on parle de « Rotorua », c’est en fait toute la région qui bouillonne d’activité géothermale. Il y a donc de nombreux « parcs » proposant divers cratères, piscines bouillonnantes et autres geysers. Wai-O-Tapu étant le plus prometteur (et le plus visité), c’est là que nous avons enfilé nos vestes sous un vilain crachin venteux pour aller admirer les œuvres du diable. Première constatation : ça pue tout de même moins qu’à Ngawha. Ou du moins ça ne pue pas constamment.

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Comme on est hors saison et qu’il fait pas franchement superbe, c’est vraiment pas la cohue sur les sentiers et nous avons tout le temps d’admirer nous déboîter les cervicales pour tenter d’apercevoir le fond  bloubloutant de chacun des cratères. Jolie balade un peu plombée par une lumière maussade jusqu’à ce que nous en arrivions au clou du spectacle : la « Champagne Pool », ainsi nommée pour sa production constante de bulles très fines.

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Là, le soleil mène un combat homérique avec les nuages et s’impose pour quelques minutes divines. Le contour rouille écarlate de la piscine resplendit et forme un contraste splendide avec les nuages noirs qui courbent l’échine devant l’astre solaire. Le tout est agrémenté d’une vapeur qui danse dans le vent tourbillonnant… du plus bel effet.

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Mais la lutte est inégale, les nuages sont trop nombreux et la fenêtre se referme aussi vite qu’elle s’était ouverte. On est repartis pour des épisodes nuageux, faibles répits entre deux crachins. Il est temps de mettre les voiles et d’aller voir du côté de Turangi si la météo est plus clémente.

Eh ben non.

Arrivés dans l’après-midi sous la pluie, nous allons directement voir au « i-site » (le syndicat d’initiative made in NZ) s’il sera possible de faire le Tongariro Alpine Crossing deux jours plus tard. Les bulletins météo spécifiques du parc ne sont franchement pas très engageants, et il nous faudra revenir demain matin pour voir si on peut encore espérer. Soirée pluvieuse, nuit pluvieuse, matinée pluvieuse… Pfff

Le lendemain, nous croisons une paire de français au i-Site, qui nous racontent leur calvaire de la veille à l’Alpine Crossing. 6h de marche sous la pluie et dans les nuages. 6h à affronter un vent à décorner les bœufs pour finalement ne voir que du gris, du gris et encore du gris. Comme le bulletin météo annonce la même chose pour les trois prochains jours, nous décidons de ne pas perdre plus de temps et de mettre les essuie-glace à plein régime. Direction Wellington, Picton et l’île du sud où, paraît-il, il fait beau.

J’écris ces lignes dans le ferry qui nous mène d’un côté à l’autre du détroit de Cook, et si les nuages sont encore en assez écrasante majorité, il semble en effet que nous allions à nouveau vers la lumière !

Plus de nouvelles dans quelques jours (4-5) probablement, à notre retour de l’Abel Tasman Coast Track… Après-demain, nous entamons 4 jours de randonnée en autonomie sur les rivages paradisiaques du parc national Abel Tasman ! Youhouhouoououuoou

 
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6 réflexions sur « Huka falls & Rotorua… »

  1. Merci Bruno, mais attends de voir la suite avant de commander ton billet… Dans le prochain épisode : Jo, Stan & The devil sandflies… 🙂
    Fab : Déjà que je suis à la recherche d’un poil de Hobbit… Je suis pas sûr que j’aurai le temps d’aller voir Gollum pour toi. Puis merde, t’avais qu’à le faire pendant que t’y étais ! ;););)

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  2. Merci pour le récit toujours exaltant de votre voyage de noces. Jo tu es rayonnante au milieu de ce paradis perdu! Ce matin j’ai écouté un chouette podcast de France inter sur les voyages et j’ai pensé à vous (« ça peut pas faire de mal » émission du 22 août 2013 sur le thème »le voyage comme art de vivre l’instant et quête intime ») »Porté par le chant du moteur et le défilement du paysage, le flux du voyage vous traverse, et vous éclaircit la tête. Des idées qu’on hébergeait sans raison vous quittent ; d’autres au contraire s’ajustent et se font à vous comme les pierres au lit d’un torrent. Aucun besoin d’intervenir ; la route travaille pour vous. On souhaiterait qu’elle s’étende ainsi, en dispensant ses bons offices, non seulement jusqu’à l’extrémité de l’Inde, mais plus loin encore, jusqu’à la mort. (L’usage du monde , Nicolas Bouvier). Et là en lisant le blog joliment bien tenu par Stan j’écoute « autour de Lucie » (nos vies limitrophes, dans quel pays, femme à l’eau de vie, la grande évasion…)la vie ça se prend cache, sans condition. Bon voyage!

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  3. Coucou Barbara, merci pour ton commentaire. Ca fait bien plaisir de voir que tu nous suis et nous lis comme ça. J’ai commencé à lire « L’usage du monde » pendant ce périple et en effet c’est très chouette. Je te donnerai mes impressions lors du concert du 28 novembre.:-) Gros bizoux

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