Jungle speed

Aprês cette orgie paysagère et musicale, notre route prenait la direction de Cochabamba, puis de Villa Tunari, petit village niché en bordure de la cordillère, à l’orée des grandes plaines amazoniennes. 

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La pudeur des géants

Sorata, c’est apparemment la mecque de la balade, le paradis du trek, le Namche Bazaar andin. Comme tout randonneur ayant été à bonne école, je ne me vois pas arpenter les grandes vallées sans mon kit de base comprenant vêtements chauds, boussole, sifflet et… carte. Restait à trouver la carte, et c’est évidemment là que les incas s’empoignèrent. Déjá, la seule librairie renseignée par le routard ne se trouve plus á l’adresse indiquée depuis des années, et il me faut pas mal de parlotte pour en retrouver la trace quelques rues plus haut. Là, on me dirige vers la librairie d’en face, qui elle-même me renvoie à celle d’en face (mais aussi juste à côté… tout de même), qui finit par m’indiquer que les cartes au 25 ou 50 millièmes ne font pas l’objet d’une édition. Déception. Mais, rajoute-t-il, vous pouvez toujours aller à l’État Major de l’armée, je pense qu’ils en vendent.

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La Paz by night… avec un trépied pas droit.

Heure avancée oblige, je remets au lendemain ma visite aux bidasses, et à 9h pétantes, je salue le planton qui m’indique le bureau de l’instituto Geografico Militar. Prenez l’escalier, 2ième étage. Je m’attends à trouver des rayonnage de cartes et un petit magasin. Que nenni point non guerre, il y a là trois types en uniforme et un énorme plotter (imprimante super large) HP. Je dépose mon sac et je demande timidement s’ils vendent des cartes, ils me répondent que oui, je leur dit que j’en voudrais une de Sorata, ils me disent que c’est 50 Bolivianos, chipotent sur l’ordinateur, puis mettent une grande feuille de papier dans l’imprimante. J’aurai donc une carte de Sorata au 50 millième imprimée rien que pour moi. Ceci dit, faut faire gaffe, parce qu’il est marqué « inkjet » sur la machine, et je soupçonne donc ma toute nouvelle carte d’être hautement allergique à la pluie.

Dûment équipé, je prends un taxi pour rejoindre le départ vers Sorata, pratiquement à l’autre bout de la ville. Comme c’est devenu une habitude, à peine descendu du taxi, j’entends le chauffeur du minibus hurler le traditionnel « Sorata Sorata Sorata Ya Saleeeee » (Départ pour Sorata… maintenaaaaant). Je lui jette mon sac qui trouve place sur le porte-bagage surchargé et me fraie un chemin vers l’unique place restante au fond du Toyota Hiace. C’est parti. Souvenirs de départs en vacances dans la camionnette familiale… sauf que j’étais plus petit et qu’on partait rarement à 17 dans la même voiture. Résultat, je suis coincé entre une femme à l’age indéterminable en costume traditionnel et un petit vieux édenté au regard espiègle. Je crains de finir avec une bouche comme la sienne tant mes genoux sont proches de mes gencives, mais je préserve tant bien que mal la distance, tout en prenant grand soin de ne pas encastrer mon occiput dans le montant du hayon arrière, un peu trop proche à mon goût. En 3h30 de route, l’affaire est dans le sac et nous entamons la danse de l’entrée dans le village… Nid de poule à gauche, nid de poule à droite, freinage. Aaaa-ccé-lé-ration-tournant ! C’est beau tout ce petit monde qui bouge en rythme.

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Les environs de Sorata 

Sauf qu’a Sorata, il fait un temps de chiotte. Une vielle bruine recouvre la ville (enfin, ville… on dira que c’est un village moyen qui se prend un peu au sérieux…) et je me réfugie le plus vite possible au Résidencial Sorata, plus ou moins conseillé par le routard. Mauvaise idée. La chambre pue un mélange subtil de pisse et de javel, la cuvette est pleine de merde et il y fait sombre comme dans la tête à De Wever. Le lendemain à la première heure, alors qu’il ne pleut plus (il ne fait plus que gris), je décide de changer de crémerie et court me réfugier chez les européens. Petra est allemande et tient l’Hostal Las Piedras, ou j’élis domicile pour les 3 nuits suivantes. Ça commence par un plantureux petit déjeûner de crêpes à la banane et coulis de chocolat accompagné d’un café au lait. Il fait propre, lumineux et il y a d’autres « backpackers ». Je suis dans un repaire d’allemands, mais Andréas, Sonia, Kristof et Petra font l’effort de parler anglais. À peine le petit-déj englouti, je pars pour la « gruta de San Pedro » (l’un des buts de balades « faciles » du coin) avec Kristof, mais comme ils travaillent sur la route, nous sommes contraint d’emprunter un léger détour, qui nous met 500m de dénivelée dans les dents d’entrée de jeu (alors que c’est quasi plat normalement) en arrivant au col, il se remet à pleuvoir, Kristof ne se sent vraiment pas très bien (un vieux burger de La Paz s’agite quelque peu dans ses entrailles) et nous décidons que 3h de balade, c’est déjà pas mal, et qu’il n’y a aucune raison de s’infliger un long calvaire sous la pluie.

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 En balade avec Kristof…

Le lendemain, il y a comme un semblant de début de commencement d’éclaircie, j’empoigne mon sac à dos et je pars vers la Laguna Chillata, petit lac de montagne perché à 4200m d’altitude (alors que Sorata est à 2700) plus loin dans la vallée. Armé de ma carte et de mes connaissances en espagnol, je demande la route, analyse, cherche, devine… Il y a des chemins dans tous les sens et c’est vraiment pas évident de s’y retrouver. Aprés la dernière communauté, il n’y a plus grand monde, et les seuls qu’on croise sont des gosses « bergers » qui glandent sous des bâches et qui hurlent « donne-moi de l’argent » sur mon passage. Charmant. Je monte, je monte, je monte, pendant un peu plus de 5h30 et je finis… je sais pas trop où.

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 En route vers les nuages

Je devine sur la carte que suis à environ 4100m, mais le ressaut que je pensais être celui de la laguna se révèle être un vague replat sur lequel paîssent un âne et 3 moutons. Je fais un peu causette avec la madame qui tricotte (ben oui, évidemment… c’est l’endroit idéal) avec ses deux filles, mais elles ont l’air de parler à peine espagnol – La langue des paysans du coin, c’est l’Aymara – et n’ont pas la moindre curiosité ou intérêt pour moi. Si ce n’est pour de la bouffe et de l’argent. Je donne mes fruits secs, mon reste de pain et de frometon et je tourne les talons. De toutes façons, l’heure avance et il ne s’agit pas de rester coincé la haut (je survivrais, mais ce serait vraiment désagréable…). De plus, je suis juste juste sous les nuages, qui me semblent stables depuis le début de l’ascension, mais parfois, ça peut descendre très vite, et l’orientation dans la brume, c’est pas top top.

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 Plus haut, je peux pas

Au final, je suis heureux, j’ai passé une bonne journée en pleine nature, j’ai vu (ce que je pense être) des condors, 2 oiseaux vachement gros posés sur une crête… trop loin pour la photo sans mon zoom), j’ai sué comme un pourceau et la douche à l’arrivée est absolument di-vine. Ceci dit, la Laguna Chillata est adossée à l’Illampu, que je n’ai pas encore pu apercevoir, et offre normalement un panorama à couper le souffle. Dommage qu’il n’y ait que nuages. Le lendemain, l’enthousiasme est retombé, il pleut de plus belle et je commence à perdre patience… je me donne encore un jour, puis basta ya. 

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 Scène de la vie des alpages… mal photographiée 😦

Basta ya. Ce matin, j’ai fait mes valises en maudissant la pudeur des géants andins, même pas foutus de se découvrir pour saluer mon arrivée, et pas plus pour pleurer mon départ. J’arrive à La Paz sous la pluie, je vais manger sous la pluie, et j’ai un peu mon compte de solitude. Heureusement, dans une semaine, je pars pour le Brésil, et surtout, dans 24 jours maintenant, ma douce et tendre me rejoint… Wééééé ! ! !

Demain, départ pour le parc national de Sajama. À priori, il ne devrait pas faire super beau, mais apparemment, par là bas, quand il fait dégueu, c’est à grand coups d’orages sur les volcans. Donc au mieux, je fais trempette dans les eaux chaudes et fait des photos de geysers, au pire, je lis sous la tente et je prends des photos des éclairs frappant les cimes. Ça me va ! Je vous raconte-ça en revenant !

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 Normalement, ça devait ressembler à ça… 😉