À la poursuite des dauphins taquins…

Chose promise, chose due : nous avons été nager avec (lire “derrière”) les dauphins ! Embarquement à 9h30 sur un magnifique catamaran de 50 pieds pour une journée de navigation dans la Bay of Islands. Premier constat : par ici, on ne fait pas dans le boat people : en plus de la capitaine, du marin et d’un chercheur français, nous sommes à peine 11 sur cet énorme voilier. Ouf ! Ceci dit, on nous annonce d’entrée de jeu que les dauphins se sont volatilisés ces deux derniers jours, et qu’ils espèrent vraiment qu’ils seront revenus dans la baie aujourd’hui. Bon, en même temps, même sans les dauphins, il y a pire à faire que d’aller s’offrir une journée de navigation sur l’une des plus belles portions de côte de la Nouvelle-Zélande.

aDSC_8616.jpg

Une demie-heure après le départ, c’est la ruée vers l’avant. Il y en a plein partout, on prend des photos, on les regarde nager, sauter (parfois), et on enfile combis, masques et tuba pour aller les rejoindre. Pendant les instructions, ils sont tout autour du bateau, à nager très lentement, et on trépigne comme des gamins à qui on explique la tradition de Pâques avant une chasse aux œufs. Résultat : une fois tout le monde fin prêt, ils ont perdu patience et sont allés un peu plus loin voir si on y était. 

aDSC_8807.jpg

Moteur en avant toutes, nous nous lançons à leur poursuite, puis dans une série de manœuvres d’encerclement d’autant moins évidentes que nous sommes seuls. La bande a flairé le piège et s’est rapproché des rochers. « Va falloir faire l’effort d’aller les chercher, nous lance-t-on ». Je rassemble tous mes souvenirs du CNOB (Cercle de Natation d’Ottignies-Blocry, ou quelque chose du genre), et (quelque peu aidé par mon tuba) me lance vers la côte dans mon meilleur crawl. Il ne me faut pas 50 mètres pour constater qu’il va en falloir au moins 50 de plus… Les ailerons s’éloignent, mon masque est plein de buée et du coin de l’œil, je vois la capitaine nous faire signe de revenir au bateau. 

aDSC_8649.jpg

La chasse reprend, et nous les « coinçons » entre la plage et nous. Ce coup-ci, il n’y a que Jo et moi pour nous lancer à leur poursuite, le temps d’une nage frénétique vers le néant. Caramba, encore raté !

À la troisième tentative, Jo a jeté l’éponge (faut dire que le sprint en pleine mer est une discipline assez usante…) et je suis le premier à me jeter à l’eau. Ça y est, je vois une queue ! Là, c’est la farandole des instructions dans ma tête : nager plus vite, plus vite, chanter dans le tuba (d’après les conseils des professionnels), boire un petit verre d’eau de mer, coordonner les bras et les jambes, pas le perdre de vue… pouf ! il est parti. Bon, de toute façon, ce n’est qu’une bande de vulgaires poissons farceurs, et la nuit suivante, j’ai nagé avec eux pendant plein de temps… na ! En fait pour vous éviter tout effort inutile, je me dois de vous révéler qu’en rêve, c’est moins crevant, moins salé et beaucoup plus gratifiant.

aDSC_8672.jpg

Sur cet échec cuisant, nous prenons la direction de Motorua pour une petite balade vers le sommet et un joli petit moment de contemplation face à la splendeur du lieu. C’est un poil plus loin que Blankenberge, mais c’est quand même vachement plus beau.

aPB020050.jpg

aDSC_8722.jpg

aPB020047.jpg

Résultat, on a passé une super journée en mer, on a vu plein plein de dauphins, on a pu contempler toute la majesté de la Bay of Islands et on s’est offert une super glace en revenant à terre. Que demande le peuple ?

À tout bientôt pour de nouvelles aventures ! on va essayer de garder le niveau, mais c’est pas garanti…

aDSC_8710.jpg

 

Publicités

Oufti binamé qu’c’est loin !

On le savait, on le prévoyait, c’était marqué sur les billets, tout ça tout ça. La Nouvelle-Zélande, c’est juste de l’autre côté de la planète, et moyennant trois arrêts, c’est à 40 heures d’avion.

Quarante heures, c’est pas bien long en fait. Même pas un week-end, et on se plaint toujours que ceux-ci sont trop courts ! Et pourtant, le cul vissé sur un siège « classe économique », ça prend une toute autre dimension.

Trois heures de retard à Paris, 6h30 de vol vers Dubaï, 5h30 d’attente dans les duty-free, 6h de vol vers Kuala-Lumpur, 2h d’attente… dans une salle d’attente, 7h de vol vers Melbourne, 5h30 d’attente dans un terminal désert, 3h30 de vol vers Auckland.  En posant le pied sur la terre promise, on aurait presque la larme à l’œil, si nos yeux vitreux n’étaient pas tout collés par tant d’airco.

aPA290720.jpg

On arrive comme des zombies au Kiwi international hotel, sorte de complexe énorme plein de chambres. 1 minute à la réception, 2 minutes dans les couloirs, 10 minutes chacun pour la douche et environ 7 secondes pour tomber dans un coma profond. Il est 3h de l’aprèm, mais en Belgique, il est déjà 3h du mat’, et on est mûrs pour 18h de sommeil, à peine interrompu par de brefs moments de conscience sur la fin. 

aDSC_8430.jpg

Jeudi 31 octobre : on est en Nouvelle-Zélande. Ça. C’est fait.

Le temps est venu d’aller chercher Raoul. Direction Happy Campers, 2-3 formalités, une petite signature et il se montre à nous. Vitres pas électriques, 328 000 kilomètres au compteur, gouffre à essence de 2 litres 2 sous le capot, mais aussi double taque au gaz, lit d’1m60 par 2m, frigo, micro-ondes, toilette chimique… Il est cool, Raoul ! ! !

Du moins, c’est ce qu’on pense sur les 3 premiers kilomètres qui nous mènent au supermarché. Arrivés là-bas, on se rend compte qu’il est impossible de fermer les portes. On n’est pas des gros flippés du cambriolage, mais c’est tout de même un peu gênant. Au redémarrage, la batterie est sur le point de nous lâcher,… On démarre d’extrême justesse et retour à la case départ.

Qu’à cela ne tienne. Une nouvelle batterie redonne des couleurs au verrouillage central, et nous voici partis pour Bay of Islands ! C’est 200 kilomètres au nord d’Auckland, et c’est  la première étape de notre périple ! Sauf que sur la fin du trajet, il commence à faire réellement infect, et on arrive aux environs de Paihia sous une pluie battante. 

On fait une pause dans un parking en bord de mer histoire de « faire le point » (comprendre : se jeter dans la couchette parce que notre petite horloge circadienne nous hurle que c’est la nuit), et quand on se réveille 3h plus tard, il fait à moitié nuit et on décide que passer la nuit là est une excellente idée.

aDSC_8441.jpg

C’est une excellente idée.

aDSC_8444.jpg

Décalage horaire oblige, on se réveille à 4h du mat’ pour constater que les nuages se sont fait la malle et qu’ils ont laissé une gigantesque traînée d’étoiles derrière eux… On a droit à un matin splendide, dans notre chambre avec vue sur la mer. Hayon ouvert, doigts de pieds en éventail hors de la couette, salade de fruit servie au lit,…on savoure ! Un gars passe et on se dit « oups », mais il ne s’approche que pour nous dire « Si vous faites 100m par là-bas, vous trouverez un café bien chaud et vous verrez que vous avez vraiment trouvé le paradis ». 

aDSC_8450.jpg

aPA310731.jpg

Çà a l’air cool, la Nouvelle-Zélande !

L’avantage du décalage horaire, c’est que du coup, on se lève super tôt, sans même faire d’efforts ! Direction Paihia, son office du tourisme, son seul bar ouvert (ouf : la toilette chimique ne sera pas pour tout de suite…). On finit à Waitangi (lieu hautement symbolique, puisqu’ c’est là que fût signé le traité fondateur de la Nouvelle-Zélande, définissant les relations entre Maoris et colons), où nous décidons d’aller faire une petite balade vers les chutes d’Haruru. C’est plein de plantes bizarres et d’oiseaux qui font dans la veine « musique contemporaine » pour charmer les femelles alentours. Bon, on n’est pas encore vraiment en mode rando… on part sans flotte, et sans pique-nique (vu qu’on n’a plus de pain) pour une balade de 2h30 à la mi-journée… la bonne idée !

aDSC_8558.jpg

aDSC_8587.jpg

aDSC_8573.jpg

Vous savez pas quoi ? Demain, on va faire une journée de catamaran et nager avec les dauphins (si tout va bien). Sur une belle citation, on vous embrasse et on vous souhaite un bon week-end !

« Un complexe perturbé déterminera à nouveau un temps plus venteux et toujours assez maussade. Les pluies continues et parfois consistantes des premières heures s’évacueront par l’est, et seront suivies d’une traîne fort chargée dans laquelle quelques ondées pourront toujours survenir. Malgré tout, la masse d’air s’adoucira. » – Météobelgique

Le Salar des contrastes

J’aurais bien voulu vous écrire que le Salar d’Uyuni et le Sud-Lipez, c’était absolument génial, une expérience incroyable et tout ça, mais l’honnêteté intellectuelle me force à modérer quelque peu mes propos. On a passé quatre jours le cul dans une jeep à écouter les Backstreet Boys avec un chauffeur crétin et deux françaises trés jeunes qui kiffaient absolument tout. Bon, c’est sûr, les paysages étaient superbes, majestueux, immenses et tout ce qu’on veut, mais on est pas encore trop sûrs de savoir s’ils valaient vraiment l’épreuve de la visite.

Ça commmence à Tupiza, d’où partent beaucoup moins de 4×4 (par rapport aux départs depuis Uyuni même). En arrivant en ville l’après-midi,  on va voir quelques agences, mais toutes pratiquent les mêmes prix pour les mêmes tours, et on finit donc par se décider pour Tupiza Tours, la « grosse » agence, qui nous paraît aussi la plus sérieuse. En partant du principe qu’il y a autant de cons en France qu’en Angleterre, on choisit la jeep avec un « couple » de français. Le lendemain matin, on fait la connaissance d’Euridice et Élise, 20 et 23 ans, volontaires pour une ONG française à Arequipa au Pérou. Bon, ce ne sera pas un couple… perdu.

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

El Sillar, où quand l’érosion joue avec les montagnes…

Sur le moment, le courant passe plutôt bien, déjà, l’absence de la barrière de la langue est un plus non négligeable. On part quelques minutes aprés les autres jeeps, et on est pas tous seuls, mais c’est pas la cohue non plus, je suis un peu rassuré. Pas bien longtemps, puisque juste après la première pause, le chauffeur me tape déjà sur le système. Malgré ma première demande, il s’obstine à rouler à 30m de la voiture qui nous précède, dans un nuage de poussière. N’en pouvant plus de ce non-sens, je lui répète que j’aimerais bien qu’il roule un peu plus loin histoire qu’on puisse voir les paysages peinard. Il obtempère alors, mais en mesure de rétorsion, il bloque les commandes des vitres électriques à l’arrière « pour éviter que nous prenions trop de poussière ».

O_O MAIS ABRUTI, SI TU COLLAIS PAS AU CUL DE L’AUTRE, ON EN SERAIT PAS LÀ !!! Silence et calme intérieur… je tente de rester diplomate, on en a quand même encore pour plus de trois jours ensemble, faudrait pas que ça tourne au conflit ouvert d’entrée de jeu. De Lao Tseu ou de Sun Tzu je me demande lequel mériterait la lecture la plus urgente…

On s’arrête vers 11h dans une jolie petite prairie à Lamas où on fait la connaissance d’Étienne et Émilie, un couple de français, et de Sam et Alija, des australiens en goguette. Ils ont pris une autre agence, mais on partage la même cuisinière. Allez comprendre. À 11h30, un bon petit repas de sandwiches et crudités est prêt… On ne sait pas encore qu’après ça, nos estomacs vont gargouiller pendant un trèèès long moment.

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

Pique-nique en famille…

C’est que la première journée, c’est 10h de bagnole sur des routes défoncées avec genre trois pauses. On était censés faire étape à San Antonio de Lipez, où nous passons vers 16h sous un soleil radieux, mais de sa propre initiative, Béto (le chauffeur à qui il manque juste le « a ») décide de nous coller trois heures de plus dans les gencives pour arriver à la tombée de la nuit dans un bled infâme oú on se gèle les burnes en attendant le souper, qui arrivera tranquillement vers 22h. Dire qu’on aurait pu profiter de la fin d’après-midi peinard au bord de la rivière, face à une montagne magnifique. Sauf que Béto, lui, n’en a rien à foutre. Il préfère se lever plus tard le lendemain. On est tous bien usés par la faim et le trajet, et pour Jo à peine acclimatée par le Titicaca, il faut ajouter l’altitude, et ce n’est vraiment pas la grande forme. Quel con ce Béto !

Le lendemain, ça commence déjà beaucoup mieux, on arrive en réalité dans le Sud-Lipez, et il y a beaucoup plus de trucs à voir, ce qui multiplie les pauses. On voit nos premières lagunes, nos premiers flamants roses (pour moi, les plus proches…), il fait magnifique et on se calme un peu dans les chaumières. Ceci étant, on a échangé un peu l’énervement du trajet trop long contre celui de la musique pourrie en permance. Mais à ce moment là du trajet, on est pas encore tout à fait usés, et on supporte sans trop de mal. Il y a même de temps en temps de bons morceaux, à défaut d’avoir un bon son. C’est que l’installation sono de la jeep est, … comment dire… bolivienne. Aucune basse et des aigus qui crachottent en cas d’exagération sur le volume. Je repense à Matt Chem et à son horreur du MP3, et j’en profite pour lui conseiller de ne jamais mettre un tympan en Bolivie.

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

 Quiétude et majesté…

Lagunes, Désert de Dali, Laguna Verde, sources thermales, geysers et pour finir la Laguna Colorada… il faut tout de même bien avouer qu’on en prend véritablement plein la vue. Dans une seule note, c’est pas possible de vous mettre autant de photos que ce qu’on voudrait, mais dès demain, c’est promis, vous aurez droit à une loooongue galerie Flickr, parce que ça en vaut vraiment la peine. À la Laguna Colorada, qui étale ses couleurs rouge brique entre les étendues de sel qui volent sous les rafales, il y a un vent à décorner les boeufs. On s’abrite comme on peut, mais dès qu’on se remet dans le flux, il faut faire quelques pas pour retrouver son équilibre. Pas un coin pour pisser face au vent…

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

La Laguna Verde en plein changement de couleur

Le soir, on loge dans le hameau de Hualljara, à quelques kilomètres à peine de la Colorada. Ce coup-ci, on arrive relativement tôt, ce qui nous donne le temps d’aller faire une petite balade ensemble et de se boire une petite bouteille de vin emmenée de Tupiza dans un charmant petit abri de berger. C’est que dans ce genre de voyages organisés, les moments de solitude sont rares, et ne parlons même pas d’intimité. Là, juste avant le coucher du soleil, on s’offre une respiration bienvenue, rien qu’a deux. C’est pas qu’on est des asociaux ou des fusionnels de 15 ans, mais après deux mois de séparation et une petite semaine à nouveau ensemble, cette promiscuité est un peu dure à supporter pour nous.

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

Le vent souffle sur la Laguna Colorada

Le soir, on se tape un infâme plat de frites molles arrosées de ketchup et de mayo (pré-arrosé, je veux dire… même pas le choix), et on entrevoit l’insondable hypocrisie de nos jeunes compagnes de routes. Elles trouvent vraiment pas ça bon, mais ne trouvent rien de mieux que d’aller féliciter « mamita » (qu’elles ont surnommée ainsi faute de pouvoir articuler son prénom…) pour ce festin. Pas que je trouve utile de râler et de critiquer à tout vent, surtout quand la cuisine est faite dans des conditions aussi difficiles, mais de là à dire que c’était super bon… En fait, c’est un peu comme ça pour tout avec elles, et à la longue, c’est un peu fatiguant. Encore, si elles adoraient vraiment tout, on se dirait qu’elles ont vraiment un super regard sur la vie et que franchement, on ferait bien d’en prendre de la graine, mais non. C’est juste une bonne grosse couche d’hypocrisie qui, il est vrai, sert admirablement le propos de la lubrification sociale. Elles s’entendent « trop bien » avec Béto, elles kiffent à mort et c’est vraiment trop ouf.

Moi, je suis vieux, râleur, grincheux et pisse-vinaigre, et j’emmerde la jeunesse. 🙂

Le troisième jour, on visite l’arbre de pierre, encore des lagunes (on commence à avoir compris… d’ailleurs, sur la dernière, tout le monde reste tout près de la jeep, prêts à grimper dedans pour repartir), la Valle de Rocas (un grand champ de pierres aux formes « trop chelou » grigotées par l’érosion), et enfin on arrive à Colchani, sur les rives du Salar. En principe, le programme détaillé par le chauffeur voulait que nous posions nos affaires à Colchani avant d’aller voir le coucher de soleil sur le Salar, puis que le lendemain matin, nous nous levions aux aurores pour aller admirer le lever de soleil, puis prendre le petit déjeûner sur le Salar. Autant dire que tout le monde était d’accord sur le programme.

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

 Sous les ailes du condor de pierre

Puis vers la fin de l’étape, Béto nous dit qu’on doit finalement choisir entre le coucher et le lever du soleil. On proteste, on argumente, et il s’enfonce. Évidemment plutôt que de nous donner la raison réelle de ce revirement (on bouge en groupe de jeeps, et c’est crevant pour les chauffeurs, qui doivent encore se retaper les genre 500km pour Tupiza le lendemain… raison complètement valable), il trébuche d’excuse bidon en prétexte foireux. On va arriver tard (14h30… tu parles), on a pas assez d’essence (on a croisé trois pompes et l’autre jeep a même été faire le plein… perdu), c’est pas intéressant (un lever de soleil sur la plus grande étendue de sel au monde… et mon cul, c’est du poulet ?),… Il nous faudra attendre le lendemain matin avant d’en avoir enfin le coeur net. En attendant, on choisit le coucher, qui est paraît-il beaucoup plus impressionnant. Et c’est vrai que pour le coup, on a eu droit à un sacré coucher de soleil, précédé d’un bon moment pour apprécier les lumières sur les rives du salar inondé. On termine par le partage de notre dernière bouteille de vin (on en avait partagé encore deux la veille… ces français… pas prévoyants pour un sou !) assis devant ce spectacle à couper le souffle. Waouh !

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia 

C’est pas du coucher de soleil ça ?

Le lendemain, c’est le Salar « classique », qui commence par la « visite » de l’hotel de sel, mais là, on est pas trop en mode visite. En effet, sur la petite demie-heure de route qui sépare Colchani de l’hôtel de sel, la goutte ultime a fait déborder le vase, la coupe est pleine, n’en jetez plus. La musique dance à deux balles style « Chihuahua » et remixes de la lambada à fond dès 7h30 du matin dans les lumières matinales du Salar, c’est trop pour nous. On a envie de profiter de ces grands espaces dans le silence et la quiétude, et les deux autres greluches derrière en rajoutent… « Ah ouais, c’est trop bien, ça réveille… je kiffe ». C’est là qu’on se demande si on est vraiment vieux ou si c’est elles qui sont vraiment connes. En tous cas, on a pas la même idée de la contemplation de la nature et du respect des oreilles des autres. À l’arrêt, je profite d’une remarque de Béto sur un claquement de porte un peu fort (j’y peux rien, je suis tombé dedans quand j’étais petit… ai-je failli lui rétorquer, mais il n’aurait pas compris) pour lui exp(l)oser ses quatre vérités et comment on la gerbe de sa putain de musique de merde et que quand on est 6 dans une bagnole, on peut au moins penser à respecter la volonté des deux du milieu pendant un tiers du temps, et patati et patata. Là, il reste 2h avant la fin du tour, alors l’ambiance de franche camaraderie, c’est fini. On aura plus de musique jusqu’à la fin, mais ça a quand même un peu plombé l’atmosphère. Oups.

Entre temps, on prend les photos de circonstances sur le Salar, distortion de perspectives, délires,… et même si c’est on ne peut plus convenu, c’est quand même très drôle, et l’un dans l’autre, une fois oubliés les avatars du trajet, on en gardera de bons souvenirs, et de très chouettes photos.

 

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia

 

Goutez la liberté avec Free, le forfait internet illimité !

De retour à Uyuni sur la fin, on a un bus pour Oruro (puis pour Cochabamba) à 21h, et entre-temps, on décide de se payer une chambre d’hôtel pour profiter enfin d’une douche (oui, j’ai oublié de vous dire que dans le tas des désagréments, il y avait aussi le fait qu’on s’était pas douchés depuis 4 jours…), une bonne sieste, et surtout un moment à deux, sans personne d’autre !

Allez, c’est déjà pas mal pour aujourd’hui, il est temps que rende l’antenne, après avoir rattrappé une bonne partie de mon plantureux retard. Au programme de la suite, la galerie (chose promise chose due), puis les tropiques de Cochabamba et le Parque Ecoturistico Machia !

Et puis pour Julie qui réclamait à cors et à cris une photo de couple, voici qui devrait la contenter pour un moment… 😉

Tupiza,salar,Uyuni,sud,lipez,bolivie,bolivia 

Waaah, c’qu’on est beaux !

Titi et Caca sont sur un bateau…

Depuis La Paz : direction le lac Titicaca, le soleil, la farniente (enfin, niente… c’est quand même beaucoup dire) et le retour bienvenu de la vie à deux. En un gros mois en Bolivie, je me suis quelque peu habitué au fonctionnement parfois chaotique du pays, et c’est une petite redécouverte que de voyager avec quelqu’un qui porte un regard complètement neuf sur les choses. Ben oui quoi, on chope un trufi pour Copacabana au cementerio avec 11 boliviens dans une camionnette… quoi de plus normal ?

Évidemment, retrouvailles et décalage horaire obligent, on a un peu merdé notre timing, et quand on arrive sur les rives du lac, les bateaux réguliers ont déjà levé l’ancre. Comme on a pas la moindre envie de passer la nuit dans le nid de touristes que constitue le petit village de Copacabana, on se fait gentiment arnaquer par le premier marin d’eau douce venu, mais on embarque bientôt pour la Isla del Sol.

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sol

Les neiges éternelles de l’Illampú en toile de fond.

On se retrouve en compagnie d’une belge qui découvre le pays de son copain bolivien pour deux petites heures de traversée dans des paysages somptueux. Ils ont payé leur billet deux fois moins cher que nous, mais en même temps, l’équivalent de 10€ à deux pour une traversée quasi privée, c’est pas non plus la mer à boire. L’arrivée sur l’île est un peu rude, l’auberge de nos rêves est sur les hauteurs, et le petit chemin muletier qui y mêne n’a presque rien à envier à ses homologues brésiliens. En plus, on est tout de même à 4000m d’altitude, et pour Jo qui n’est pas acclimatée, c’est comme pour moi au début… on se sent comme un vulgaire clébard haletant sous la canicule.

Qu’importe, ce n’est pas non plus l’Everest. En une demie-heure de marche et avec l’aide de quelques feuilles de coca, on est dans notre chambre avec vue sur le lac… la classe ! On aurait apprécié une douche chaude en arrivant, mais l’île est en sous-alimentation électrique constante, et comme ici, la douche à Clo-Clo règne en maîtresse (pour ceux qui n’ont pas suivi, c’est ici), on est bon pour une séance chair de poule et souffle court sous le jet glacé. Heureusement, un bon lit et 15 kg de couvertures boliviennes (et je pense que je n’exagère pas) nous attendent. C’est que les nuits sont fraîches par ici, et que le concept d’isolation reste totalement étranger aux boliviens.

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sol

On sent tout de suite quand le courant passe…

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sol

Ya rien à dire, c’est quand même plus drôle qu’un mouton…

Le lendemain, on laisse notre barda à l’auberge pour se lancer à la découverte de l’île, de ses petites criques paradisiaques, de ses lamas aux tronches pas poss’, de ses descentes casse-gueules et de ses montées éprouvantes. On a débarqué dans le sud de l’île, et les paysages sont enchanteurs, beaucoup plus verdoyants que ce que nous en avait raconté le routard. Loin du tourisme de masse, on trouve encore sur l’île des petites hanses sans le moindre gringo ou venir faire bronzette (enfin, dans notre cas, c’était plus le gros barbec que la gentille séance de banc solaire…) et se prendre une grosse cure de lumière. Jo arrive de Belgique… vous savez, ce petit pays tout gris où il y a genre 3h de lumière par jour en hiver et où la légende parle d’un astre jaune et brillant qui chaufferait la peau comme le poêle au charbon…

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sur

C’est moche hein ?

Aprés une deuxième nuit sous les lamas flous (ils sont forts ces boliviens… ils parviennent à tisser des couvertures avec des lamas dessus, mais tout de même pas à les faire nets…), on prend la direction du nord de l’île avec nos gros sacs sur le dos. C’est parti pour 4h de balade qui se termine par une arrivée spectaculaire dans les Caraïbes. Oui, nous, quand on se balade, on fait pas les choses à moitié. Dans le nord de l’île, on a vraiment pas du tout l’impression d’être sur l’altiplano, à 4000m d’altitude. Ici, c’est bourré d’argentins toujours flanqués de leur thermos et de leur pot à maté. Ça devient une habitude, on arrive juste trop tard pour reprendre le bateau vers Copacabana. Mais en fait, c’est tant mieux,… après quelques tentatives de négociation d’une traversée « privée », on décide de profiter de l’après-midi radieuse qui s’annonce, de dormir sur place et de ne partir que par le dernier bateau du lendemain à 13h30. Après tout, c’est les vacances, et on a vraiment pas envie de se stresser dans les transports.

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sol

 Qui a dit qu’il n’y avait pas de plages en Bolivie ?

Le soir sur la plage et sur le port, on fait toutes sortes de rencontres saugrenues. Adieu, veaux, vaches, cochons, dirons-nous le lendemain en quittant ce lieu paradisiaque. C’est que les paysages grandioses du Sud Lipez et du salar d’Uyuni nous attendent, et qu’entre-temps, on doit se taper le trajet jusqu’à Tupiza, à un saut de puce de la frontière argentine. Comme on est pas des gros bourges, on prend le trufi et le bus,… 3h30 + 10h + 7h = 20h30 de route… même pas mal !

lac,titicaca,bolivie,bolivia,isla,sol

Eh oui, c’est jamais qu’un gros abreuvoir ce truc…

Au programme de notre prochain post : des volcans, des lagunes, des flamants roses, du sel, des françaises trop chébran un truc de ouf et plein d’autres merveilles !

À plus !

Grandeur et décadence du Brésil

Au programme de ce dernier jour dans la Chapada Diamantina : la sortie du parc par le fond de la vallée, puis en rejoignant le plateau. Il a plu une bonne partie de la nuit, et ça ajoute encore à l’ambiance « jungle ». Tout est mouillé et nos grolles souffrent dans la boue.

C’est parti pour une séance de montées-descentes à faire gerber un petit pois (vert). Je recommence à dégouliner, mais ce coup-ci, on ne me la fait pas. Je marche avec une bouteille d’un litre et demi dans la main qui tient environ une heure avant changement et remplissage dans une quelconque rivière, voire sur le chemin. On se rappelle souvent le petit jeu de mot de Danilo : « Quand il pleut, ça passe de Vale do Pati à Vale do Patins ». Pas trop de quoi faire les malins quand même, les descentes sur pierres vertes et moussues, c’est sévèrement casse-gueule.
Après quatre petites heures de jungle, une bonne suée et 1kg de berdouille collée à chaque pompe, on prend pied sur le plateau. De l’air, … enfin ! Pour compléter le rafraîchissement, le ciel commence bien vite à nous pisser dessus, d’abord par petit jets fugaces, puis à un bon petit débit de croisière, faible mais mouillant.

Le grand architecte a tout de même le bon goût de tirer la chasse avant notre retour dans le fond de la vallée (do Capao) où nous attendent les deux heures de marche de trop. Partis sur le coup de 9h et arrivés peu après 18h, on est carrément liquéfiés par 8h de crapahutage (hors pauses) dans la gadoue. Liquéfiés mais heureux, fiers de l’avoir fait, d’avoir vu ce qu’on a vu et de s’être démerdés pour se donner l’occasion de vivre ces moments. Là, on est le 30 janvier.

Pour le nouvel an, on avait réservé une place sur le bateau loué par la section locale des couchsurfeurs (si vous ne savez pas ce que c’est, il est grand temps de surfer sur www.couchsurfing.org). Je vous passe les détails de la soirée, très chouette, pour en arriver directement au vol de nos sacs sur la plage. En gros, on s’est fait avoir comme des bêtes touristes,… détournement d’attention, complicité (plus que plus que probable, mais comment être sûr ?), et hop…  Faites vos adieux à 2000€ de matos photo, une semaine de souvenirs en images de la Chapada, un sac, un maillot, des crocs, un essuie, 150€ en liquide, une lampe de poche et autres babioles (moi), un iPhone, un Blackberry,  un passeport, une semaine de souvenirs en image de la Chapada et autres futilités (Angel).

Pour ajouter encore un peu de piquant, qui dit pas de passeport dit pas d’avion, et comme de toutes façon, Salvador de Bahia, c’est bon, on a vu, on s’embarque le matin même dans un bus à destination de Sao Paulo. 40h plus tard, les pieds gonflés et le cul en miettes, on ouvre avec bonheur la porte de l’appart. Une douche et une bouteille entière de rhum plus tard, on est mûrs pour le pieu et l’oubli.

Au final, le Brésil, c’est très chouette, c’est juste dommage qu’il y ait autant de brésiliens. Dès qu’on est dans un endroit fréquenté, et encore plus quand c’est touristique, on se sent comme une proie, qui sait juste qu’à un moment ou à un autre, elle va se faire bouffer. Trop agréable de voyager dans un pays pareil !

Là dessus, je fais mes bagages pour la Bolivie avec une joie non dissimulée,… Heureusement qu’Angel était là, compagnon de voyage parfait et ami de longue date (putain, ça nous rajeunit pas…) pour que les bons souvenirs finissent par prendre le pas sur les mauvais et les moins bons ! L’heure des retrouvailles avec mon amoureuse approche, et ça, c’est vraiment cool !

J’espère que comme moi, vous allez être contents : Le Brésil, c’est fini, et à partir de maintenant, c’est aussi le retour des photos. Demain : Le lac Titicaca !